20 juil. 2017

A la découverte de Tokorozawa et de ses thés verts

Champs de thé de Sayama - photo Yunomi

Début Juillet, une dégustation de thés verts a été proposée par Quartier Japon. Je connaissais cet espace de nom mais ne m'y étais encore jamais rendue. C'est une école de japonais qui propose aussi beaucoup d'ateliers découverte de la culture japonaise (à ce sujet, n'hésitez pas à consulter leur programme de l'été qui est assez riche) tels que la cuisine, l'ikebana, le manga, la calligraphie...

Ce jour-là, il était question de thé donc ! Cette rencontre était gratuite, il suffisait d'envoyer un mail pour s'inscrire. Elle était l'occasion, outre de déguster de bons thés verts, de rencontrer les producteurs mais aussi de découvrir la région et de nous donner l'envie d'y faire un peu de tourisme.

Quelques informations pratiques (et touristiques)

Tokorozawa est une ville de la préfecture de Saitama. Elle est connue notamment parce que c'est la ville de résidence de Hayao Miyazaki (Studios Ghibli). Il est dit que la forêt de Hachikokuyama qui la borde a beaucoup inspiré le réalisateur pour Mon voisin Totoro. Attention, ce n'est pas là que se trouve la maison de Satsuki et Mei dont vous parle très bien Joranne par exemple.

Hachikokuyama est un grand parc forestier et montagneux qui propose de très jolies randonnées. Il fait partie du grand complexe des parcs de Sayama (ou coteaux de Sayama) qui proposent, en plus des marches, une multitude d'activités en relation avec la nature. Un petit coup d'oeil sur le site officiel de ce parc pourrait vous donner quelques idées.

Hachikokuyama - photo Go Tokyo
Une autre attraction de la ville, c'est le musée de l'aviation, car c'est ici qu'a été établi le premier aérodrome japonais. D'ailleurs la mascotte, Tokoron, représente un mignon petit avion.
Toko Ron - photo du site officiel de la ville de Tokorozawa

Un festival des thés de Tokorozawa a lieu tous les ans fin avril ou début mai, après les premières récoltes. Vous le trouverez facilement devant la mairie de la ville de Tokorozawa. Il regroupe quelques tentes, mettant en avant les différents métiers de la production de thé. Il est possible d'y découvrir le roulage des feuilles, traditionnellement fait à la main pendant plusieurs heures, et même de s'y essayer ! Ce festival permet de découvrir le thé plus en profondeur et de poser beaucoup de questions. 
Evidemment, on y déguste toutes sortes de thés récoltés dans le coin et on peut aussi y découvrir des spécialités culinaires à base de feuilles de thé (en tempura par exemple). 

Les champs de thé, eux, se trouvent à Kita-Iwaoka, en périphérie nord de Tokorozawa. Il est apparemment possible de les rejoindre à pied depuis la gare de Shin-Tokorozawa, moyennant une petite demi-heure de marche. Le site Japan Visitor a fait un très bon article, très complet, sur ces champs. Vous y apprendrez notamment qu'il est facile de proposer son aide à la récolte du thé lorsque l'on est de passage dans le coin fin avril. Attention toutefois à ne pas louper la date fatidique car le thé se récolte toujours autour de la même date : le 88e jour après le début du printemps qui a lieu en février au Japon. Elle tombe donc en général le 2 mai mais peut varier légèrement selon les conditions climatiques. Chaque récoltant possède sa boutique de thé, où il est possible de faire quelques emplettes tout en étant très bien conseillé. 

Le thé vert de Sayama

Le thé vert de Sayama est la 3e production la plus importante du Japon, après Shizuoka et Uji. C'est pourtant encore une production familiale, et de ce fait, à plus faible rendement. Elle représente environ 2% de la production japonaise.
Comme c'est une région plus au nord que les autres productions de thé du pays, les feuilles sont plus épaisses pour résister au froid. Cela leur donnerait une saveur un peu différente, plus forte. Je dis "donnerait" car je ne suis pas assez connaisseuse en thés verts pour sentir une véritable différence.


Pendant la dégustation, trois producteurs, Seki-san, Suzuki-san et Nozawa-san, nous faisaient découvrir deux thés chacun.

Nous avons commencé par le thé kabuse, issu de leurs productions respectives. Le kabuse est récolté selon une technique particulière. Les théiers sont couverts d'un grand tissu noir deux semaines avant la récolte pour les couper de la lumière. Evidemment cela joue sur sa saveur, qui se rapproche de celle du gyokuro (l'excellence du thé) tout en étant plus abordable.
Les trois thés goûtés étaient très différents. Celui de Nozawa-san était, pour moi, le plus parfumé et avait un léger goût d'herbe. C'est celui que j'ai préféré. Celui de Suzuki-san était râpeux en bouche, et très présent. Trop pour moi. Un peu comme un vin, mais en thé. Celui de Seki-san était léger, facile d'accès.

Ensuite, nous avons bu le sayama midori de Seki-san. Pour le faire, il laisse le thé s'oxyder après la coupe. Son parfum était très doux.
Puis le fukamushi de Suzuki-san, qui demande un étuvage plus lent (contrairement au futsumushi qui est un étuvage classique). Il était plus poudreux, plus rond. Il était un peu trop fort pour moi. Je ne l'ai pas trop apprécié.
Enfin, le mélange de matcha, sencha et hôjicha de Nozawa-san. J'avais hâte de le goûter puisque j'avais adoré son premier thé, et je n'ai pas été déçue, c'est aussi celui que j'ai le plus apprécié des trois. L'ajout de hôjicha offrait une certaine douceur autant dans le goût que dans l'odeur. Une vraie réussite !

J'ai conscience que ce n'est pas très parlant pour vous de découvrir cette dégustation avec des mots, mais j'espère que cela peut vous donner envie de découvrir les vastes aspects du thé vert ! Ils sont tellement différents les uns des autres, que c'est très amusant d'en faire une dégustation.

Tous les thés ont été infusés à 75/80°. La température parfaite oscille entre 70 et 80° pour un thé vert, avec une infusion assez courte.
Le thé ne devient pas meilleur avec le temps, il faut le consommer vite. Si on ne peut pas le faire, il est bon, selon les producteurs, de le conserver au frigidaire (un ou deux ans maximum).
Le shincha, thé de printemps, est réputé comme le meilleur. Il est fait à base des premières feuilles récoltées. Il se conserve un mois maximum ! Son parfum est très fragile et s'altère très vite. Les thés torréfiés, comme le hôjicha, sont moins fragiles. Ils sont souvent issus d'une seconde récolte, en automne.
Le kukicha est un thé fait à base de tiges de théiers.


Malheureusement, si nous avions aimé un thé pendant la dégustation, il n'était pas possible de l'acheter aux producteurs. N'étant pas prévus pour l'exportation, ils n'ont pas été confrontés aux normes des pays étrangers. Il leur était donc interdit de le vendre. Toutefois si vous êtes curieux de goûter ceux-ci spécifiquement, il est possible de les retrouver à Tokorozawa.

Pour aller plus loin

Les heureux possesseurs de Netflix peuvent se jeter sur l'émission Japanese style originator (de son vrai nom Wafû Sôhonke - 和風総本家) Tous les épisodes ne sont malheureusement pas disponibles mais ceux qui le sont en apprennent beaucoup sur les subtilités de la culture traditionnelle japonaise, notamment culinaire et artisanale. Cette émission est destinée aux japonais et se permet donc d'aborder les choses bien plus en profondeur que n'importe quel documentaire étranger.

L'épisode 4 aborde l'art du thé vert
, sa façon de le récolter, de le conditionner, mais aussi de le consommer. Un artisan, fabricant de boîtes à thé magnifique, nous fait également découvrir son travail. Ce n'est pas le thé de Tokorozawa qui est mis en avant, mais celui de Shizuoka. Cela dit, les techniques restent les mêmes. En tout cas, elles correspondaient mot pour mot au petit exposé que j'ai écouté pendant la dégustation de thé.

Comme c'est une émission japonaise, tous les moyens sont mis pour mettre en avant la minutie et la dextérité des artisans. Après visionnage, non seulement, j'ai encore plus envie de retourner au Japon, mais j'ai aussi envie de finir disciple des cuisiniers, des maîtres de thé et des artisans... Cette émission est un vrai piège ! Et comme je ne suis pas cool, je vous mets un joli petit chien tiré d'un des épisodes, pour vous appâter (en réalité c'est une des seules images à la qualité potable que j'ai pu trouver sur internet...)


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3 commentaires:

  1. Bonjour et merci pour cet article intéressant ! Les Producteurs de Tokorozawa seront contents de savoir que vous avez écrit sur eux et sur leur venue !
    C'est gentil, aussi, votre présentation de Quartier Japon ^^
    A bientôt !
    Stéphane

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  2. Plop,
    Merci pour le tips de Netflix, je cherchais justement un truc à regarder en ce moment. Ca va me faire pleurer toutes les larmes de mon corps d'être rentrée du Japon mais c'est toujours bon à prendre ;)
    Kiss,
    Ara

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    Réponses
    1. Oh ca, tu vas avoir une multitude d'émotions en regardant cette émission. Je n'arrete pas d'être nostalgique. Merci pour ton commentaire qui m'a permis de découvrir ton blog.

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