12 nov. 2012

Japon - Aomori | Osorezan, le Mont de la peur


Je suis retombée totalement par hasard sur l'un de mes premiers blogs. C'était un carnet de route que je tenais lors d'un voyage à travers le Japon pour donner des nouvelles à ma famille et mes amis en même temps. Il m'évitait d'écrire mille mails pour signifier à la famille que j'étais encore en vie et pour faire rager les copains coincés en France ! Le passer en revue m'a donné envie de reprendre quelques photos de ce voyage et de vous présenter les endroits qui m'ont marquée au Japon. Des lieux forts en émotion, qu'ils soient célèbres ou plutôt cachés. 
Il faut donc que je commence par vous parler du Mont Osore, qui m' a fait fantasmer une année entière avant de pouvoir le visiter, et qui m'a inspirée plusieurs projets lorsque j'étais en MANAA puis en Game Art. Ce lieu dégage quelque chose de si opressant et en même temps si attractif, que je n'arrive pas à l'oublier. 

Le nom est à lui seul très engageant... 恐山 (Osore = peur, Zan = mont / montagne). Ce lieu se trouve dans la préfécture d'Aomori, tout au nord de l'île Honshû. 
Dans le folklore japonais, l'Osorezan marque l'entrée des Enfers. Il suffit de regarder le relief pour comprendre. Le sol est volcanique, à dominante grise et le souffre emplit les narines dès que l'on s'approche (et ce n'est pas vraiment une odeur agréable). Le site est encore très vivant car de-ci de là, on peut voir des cheminées de souffre cracher de la vapeur entre les rochers. Les bords du lac sont jaunâtres et mal odorants et pourtant l'eau regorge de poissons. La carrière est entourée d'une forêt très verdoyante.

De très jolies couleurs malgré tout ce gris
L'osorezan sert de cimetière spirituel. Les gens de la région ayant connu un décès dans la famille viennent aider leurs morts à passer la frontière en empilant des cailloux dans les grandes carrières de souffre. Ce qui m'avait le plus fait fantasmer avant d'y aller, c'était le fait que les souffles de vapeur faisaient crisser les pierres entre elles, créant ainsi une harmonie presque glauque et pourtant très reposante. J'ai été un peu déçue de ne pas vraiment l'entendre lorsque j'ai visité le site. Et pourtant j'étais à l’affût. 
Le lieu est gardé par Jizô, qui est le Bodhisattva des Enfers et le gardien des enfants. C'est pourquoi on trouve un peu partout des offrandes de jouets (peluches, éoliennes colorées, figurines diverses...).

Une cheminée de souffre aux contours bien jaunes
Un joli petit empilement de cailloux
Pour nous y rendre nous avons pris un car qui nous a fait traverser des forêts profondes, empruntant des chemins sinueux. Un superbe pont rouge relie les deux mondes et nous n'avons d'autre choix que de le franchir, ce qui donne un petit côté angoissant ! "Et si on ne pouvait pas revenir ?" Certaines personnes étaient d'ailleurs hésitantes.
Le chemin de visite est assez clair, comme toujours au Japon. On commence par le temple, on salue les statues de Jizô puis on peut crapahuter librement dans la carrière grisâtre. Un chemin permet également de se balader dans la montagne arborée. 
Quelques personnes âgées venues visiter ont également fait un passage au Onsen. Nous n'avons pas osé car un ami qui l'avait tenté l'année d'avant nous avait prévenus que l'on en ressortant pestilentiel. Et c'est un fait, les gens qui ont tenté le coup sentaient le souffre très fort et empestaient le car du retour !






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3 commentaires:

  1. Tout de suite apres avoir lu l'article, j'ai foncé sur mon guide de voyage. Prochaine destination prévue. Encore !!

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  2. Ca fait peur cet endroit, je n'irai pas. Mais merci pour la découverte ca valait le coup d'oeil.

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  3. Dingue. Ou peut-on se renseigner des horaires de cars pour ce genre de trip ?

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